Lisez bien jusqu’au bout !
Lisez bien jusqu’au bout !
J’ai effectué mon apprentissage en Responsable d’Établissement Touristique (RET) chez eux : deux mois l’été et un mois en hiver.
Expérience estivale :
Dès mon arrivée, on m’a assignée au service en salle sans explication ni formation, hormis 10 minutes pour apprendre à compter la caisse. Le directeur était en arrêt maladie, une information qui ne m’avait pas été communiquée lors de mon entretien. Résultat : 80 heures supplémentaires en trois mois, sans reconnaissance ni réel apprentissage.
Expérience hivernale :
J’ai rejoint l’équipe pour l’ouverture d’un nouveau projet, le « Hob », qui s’est avéré totalement bancal. Aucune réception, aucun contrôle à l’arrivée des clients (ni pièce d’identité ni carte bancaire), un concept soi-disant basé sur la « confiance ». Le personnel était censé être polyvalent et accueillir les clients comme dans une auberge, mais l’organisation était chaotique. Lors de mon recrutement, on m’avait promis une chambre ; à la place, j’ai passé ma première semaine en dortoir, la deuxième dans un appartement à 20 minutes à pied, puis de nouveau en dortoir pour les semaines suivantes.
Un management désastreux :
Pendant la semaine du Nouvel An, le président de la société est venu sur place. Il s’est vanté de diriger une entreprise réalisant 3 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel et d’être facilement trouvable sur Google (ce qui s’est avéré faux). Pris de panique à l’idée de perdre des investisseurs qui seront présent pour la mise en place de future structures en France, il a passé son temps à crier sur l’équipe pour des problèmes que nous avions déjà identifiés et sur lesquels nous travaillions. Plutôt que de chercher des solutions, il a imposé des heures supplémentaires alors que nous étions déjà en sous-effectif.
Il s’est également plaint des dépenses, alors qu’une grande partie avait été engagée par le siège. Il n’a pas supporté que des clients partent sans payer, alors même que l’absence de réception et de procédure d’enregistrement rendait toute surveillance impossible. Quand j’ai osé faire remarquer que le manque de dynamisme en cuisine pouvait être lié aux trois changements de chef en trois semaines et aux journées harassantes sans repos, il m’a sèchement répondu : « Si tu veux faire assistante sociale, Pôle emploi finance des formations. »
Pour lui, ce qu’il demandait n’était pas compliqué : il a pris pour exemple une journée où il avait travaillé à mes côtés… en me faisant faire 14 heures d’affilée. Même chose pour les employés du ménage, censés également préparer les petits-déjeuners, sans compensation.
Un licenciement abusif :
Après les vacances scolaires, il a décidé de me licencier sous prétexte qu’un apprenti pouvait être renvoyé à sa guise. Trouvant cela étrange, j’ai mentionné que j’allais simplement me renseigner auprès de l’inspection du travail. Ce fut suffisant pour déclencher sa colère : il m’a menacée de poursuites pour faute grave aux prud’hommes si je n’acceptais pas une rupture à l’amiable. Il voulait également me faire porter la responsabilité des problèmes de l’hôtel, notamment les trous en caisse causés par les départs non payés.
Ne souhaitant pas faire d’histoire, j’ai signé. J’ai ensuite découvert qu’en tant qu’apprentie, il ne pouvait pas m’imputer ces fautes graves et aurait été obligé de me payer jusqu’à la fin de mon contrat.
Depuis mon départ, quatre employés ont démissionné en l’espace de 20 minutes. Rien d’étonnant : au lieu de motiver ses équipes, ce dirigeant ne fait que leur mettre une pression constante. J’ai enchaîné des journées de 5h à 19h, des semaines de 63 heures sans qu’aucune demande de dérogation ne soit faite à l’URSSAF. Cette expérience m’aura appris une chose : la loyauté envers une entreprise ne mène pas toujours à la reconnaissance.





