"On peut ouvrir une porte à quelqu’un… mais on ne peut pas franchir le seuil à sa place."
Il est toujours intriguant de découvrir un avis -de surcroît-« anonyme »… deux ans après une formation. Le temps est parfois nécessaire pour mûrir une réflexion ; deux ans constituent en effet une période respectable pour méditer une expérience pédagogique. Certains philosophes y consacraient une vie entière… Il est regrettable de devoir en passer par internet, je vais cependant prendre quelques minutes pour vous répondre ici et vous invite à me contacter directement par téléphone si vous souhaitez clarifier vos griefs de manière calme, saine et honnête.
Je lis avec attention votre récit, qui semble reposer sur l’idée que l’on vous aurait « convaincue » de payer une somme en vous promettant un accompagnement indéfectible et une réussite assurée.Permettez-moi d’apporter quelques précisions simples.
D’abord, personne n’est jamais « convaincu » ni contraint de suivre cette formation. Les personnes qui s’inscrivent le font librement, après avoir reçu toutes les informations nécessaires sur son contenu, sa durée et son objectif : transmettre une méthode et une pratique de l’audiodescription. Rien de plus, mais aussi rien de moins.
L’audiodescription, est une discipline exigeante qui repose sur trois piliers concrets : maîtrise de la langue française, grande rigueur dans l’analyse des images et, surtout, autonomie une fois la formation terminée. Comme dans beaucoup de métiers créatifs ou culturels, une formation donne un enseignement qui permet de démarrer quelque chose. La suite dépend de l’engagement personnel, de la persévérance et de l’impulsion que l'on donne. On peut ouvrir une porte à quelqu’un… mais on ne peut pas franchir le seuil à sa place. Avez-vous entrepris des démarches? Vous êtes vous entraînée? Avez vous échangé avec les autres stagiaires? Pas à ma connaissance.
Je lis également que l’intelligence artificielle aurait « quasiment supprimé » l’activité dans ce domaine. L’idée est intéressante. Dans la pratique, les œuvres continuent pourtant à être décrites par des auteurs humains — sans doute parce que comprendre une image, la restituer fidèlement et choisir les mots justes reste un exercice un peu plus subtil qu’un simple assemblage de phrases.
Concernant le « suivi », il est effectivement proposé sous forme d’échanges via des groupes WhatsApp , et suppose une démarche active de la part des stagiaires. Un accompagnement n’est pas une télépathie permanente ni une présence à vie ; c’est un échange. Quant à l’idée que je vous aurais assurée que « tout se passerait bien », j’ignorais disposer d’un tel pouvoir. Si je pouvais garantir la réussite professionnelle de chaque personne qui suit une formation, je serais sans doute appelée à écrire un best seller. Je me contente d’une ambition plus modeste : transmettre un savoir-faire exigeant.
Il a d’ailleurs toujours été clairement indiqué et répété que la formation ne promet pas un emploi mais transmet une méthode de travail, un savoir-faire et un regard. Quant aux sous-entendus de « promesses mensongères » , ils ne correspondent tout simplement pas à la réalité des informations communiquées aux stagiaires, qui sont détaillées et transparentes.
Il est toujours fascinant d’observer combien les trajectoires divergent : certaines personnes, à l’issue de la formation, développent leurs compétences, écrivent, s’exercent, cherchent des projets, et progressent. D’autres découvrent que la discipline demande davantage d’efforts et de travail qu’ils ne l’imaginaient. Les deux expériences existent, c’est ainsi, elles racontent simplement deux rapports différents à l’apprentissage.
Quoi qu’il en soit, je souhaite sincèrement à chacun de trouver la voie professionnelle qui correspond le mieux à ses talents. Et, qui sait, peut-être de découvrir un jour que la rigueur de la langue française peut être une alliée précieuse… même dans la rédaction d’un avis.